Jacques Chancel 1991
Belfort-Besançon* et le gout amer de celui ne sera plus. Jean de Gribaldy, le Vicomte à l'élégance discrète, est avec Jacques Anquetil le triste abandonné de notre périple de juillet.

Je faisais il y a dix ans encore des gammes de vieil enfant sur sa propre bicyclette. Il me semble entendre au petit matin ses mots ourlés de tendresse, sa bonne voix d'aristocrate du peuple. Dans un monde où la vulgarité fait ses traces, il était agent de finesse, lui qui n'avait aucune maîtrise. La liberté était sa dame, il portait ses propres couleurs avec une fantaisie qui ne fit jamais offense à personne. Ses coups de gueule, il les avait au cœur.

Et ce soir Besançon est ville belle parce que c'était la sienne, qu’il y fut protégé par l'ignorance de ceux qui d'ordinaire courtisent le médiocre. Jacques Goddet m'a dit en confidence : "je l'appelais le Bisontin futé".

Extrait de "Le Désordre de la vie, journal". Editions Grasset, 1991.

* 10e étape, 13 juillet 1988, Belfort - Besançon.

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