Fransisco Da Silva Araujo 19 avril 2009
J’ai reçu ta lettre qui m’a fait vraiment plaisir, d’autant plus que j’ai pour Jean une grande considération et une grande estime.

Pour répondre à tes questions, j’ai connu Jean en 1968 lors du Tour de São Paulo au Brésil, quand son équipe encore peu connue participait à cette course conjointement avec l’équipe du Sporting de Lisbonne, au sein de laquelle j’étais le mécanicien principal. Cette épreuve a été gagnée par Joaquim Agostinho avec 10 minutes et 35 secondes d’avance sur l’Italien Sorlini. Compte tenu de la classe démontrée par le coureur portugais, Jean est venu l’année suivante demander à Agostinho de disputer le Tour. Agostinho l’a terminé cette année là à la 8e place, gagnant deux étapes. Moi je poursuivais dans le cyclisme portugais au Sporting, sélection nationale.

En 1980, sous l’influence de Joaquim, j'ai été invité à entrer dans l’équipe de Gribaldy dans laquelle j’ai immédiatement assumé les fonctions de mécanicien principal. C’est dans ces conditions que j’ai été en contact direct avec Jean de Gribaldy, « maison » où j’ai vécu durant le reste de mon séjour en France.

Durant cette période, j’ai maintenu une étroite relation avec Jean, et ayant dépassé nos simples rapports professionnels, nous sommes devenus amis et confidents. Étant donné que chez France-Loire(équipementier des équipes de Gribaldy) j’avais besoin d’acquérir des connaissances relatives au matériel, principalement au niveau du montage des roues, je suis passé au niveau d’intervenant technique apprécié de la marque.



Tout en étant mécanicien d’essai de Vitus et de Mavic, on m’a confié les fonctions de mécanicien de l’équipe, en étant présent avec Jean de Gribaldy sur de nombreuses courses en plus du Tour de France, comme par exemple Paris-Roubaix, le Tour des Flandres, Bordeaux Paris (remporté par un coureur de Jean, Marcel Tinazzi en 1982) et bien d’autres compétitions...

Inévitablement, j’ai maintenu avec Jean les meilleures relations dont les souvenirs aujourd’hui encore me ramènent au meilleur moment de ma vie et de cette époque. Mon épouse vivait avec moi en France et entretenait des relations très amicales avec l’épouse de Jean, dont elle garde les meilleurs souvenirs. Contrairement au fonctionnement actuel du cyclisme professionnel où tout rime avec technique, le tout impersonnel, et où l’argent fait la loi, à cette époque c’était bien différent. Jean était quelqu’un que je décrirais comme étant un personnage romantique, mais qui n’oubliait pas ses obligations professionnelles, qui à cette époque étaient déjà très nombreuses. Il a toujours été un gentleman, un homme accueillant et même affectueux qui captivait tout le monde. Avec sa disparition, il a certainement emporté avec lui un cyclisme humanisé où ne comptaient pas seulement la victoire et l’argent.

Jean était selon moi une figure impartiale du cyclisme mondial, auquel il manque beaucoup. Je me rappelle par exemple l’affection qu’il portait aux jeunes coureurs, et il en a lancé beaucoup. Je conserve de nombreux souvenirs de Jean que j’aurais du mal à relater sur papier. Je possède un petit musée où naturellement de Gribaldy conserve une place à part, et dès maintenant je t'invite à venir le visiter lors d’un éventuel séjour au Portugal.

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